Marie-Sophie Obama : « Une reconnaissance de la sincérité de notre engagement »

  • Marie-Sophie, LDLC ASVEL Féminin a récemment fait l’objet d’un audit concernant les exigences du statut d’entreprise à mission. Quelles en ont été les conclusions ? 

« Cet audit fait partie de l’engagement et des passages obligatoires quand on adopte la qualité d’entreprise à mission. Adopter le statut en soi est assez simple dans les faits, puisqu’il faut déterminer une raison d’être et des objectifs que l’on inscrit dans les statuts. Ces closes statutaires sont ensuite évaluées et passées au peigne fin d’un auditeur indépendant, qui a la responsabilité de valider et de confirmer ce statut. Cet audit a été l’occasion pour nous de retracer les trois dernières années et de faire le bilan. C’était quelque chose de très fort et on a retrouvé cette dynamique fédérative qui avait été la nôtre lors du montage de notre dossier. Les conclusions ont été très positives et il y a eu une reconnaissance de la sincérité de notre engagement. On a coché toutes les cases des objectifs statutaires. Nous avons fait émerger un nouveau modèle au sein de la communauté des entreprises à mission avec ce club à mission. Je suis touchée parce que l’auditeur a reconnu cette spécificité et notre ambition de porter un mouvement pour que le sport trouve une autre place dans la société. On a posé les premiers jalons, mais il y a encore beaucoup à faire et on en a encore sous le pied. C’est ce qui est rassurant parce que ça veut dire que ce n’est pas fini et qu’on a de quoi grandir, notamment dans la valorisation de notre savoir-faire. Il y a aussi des axes d’amélioration dans l’évaluation de l’impact. C’est tout le sens de devenir une entreprise à mission, c’est qu’il ne s’agit pas de « washing’, mais qu’au contraire, cette mesure d’impact permet vraiment de venir étayer toute l’action qui est la nôtre. »

 

 

  • Peux-tu nous rappeler l’importance de ce statut pour LDLC ASVEL Féminin ?

« L’idée première était d’aller au bout de nos convictions et de faire en sorte que notre modèle économique soit nourri de nos engagements sociétaux. Ce statut, c’était la concrétisation de ce que l’on porte avec Tony, Esther et avec les équipes, c’est à dire de sortir du terrain pour pouvoir fédérer une communauté plus large, qui vienne à son tour nourrir nos ambitions sportives. La genèse, c’est ça : se dire qu’un club de sport, c’est un acteur engagé de la société. Et quand on se veut engagé, il faut structurer le club afin de tenir les promesses et assumer nos convictions profondes. Il y a aussi un volet économique qui est réel puisque la genèse de cette initiative remonte au premier confinement, quand Esther a tapé du poing sur la table pour que l’on crée notre modèle économique et qu’on aille au bout de nos convictions. Dans l’incertitude de cette période, on avait besoin de se projeter et d’être proactifs. Cette démarche vient donc du cœur du club, mais ce qui est génial, c’est qu’elle a englobé toute notre écosystème. Ca a notamment donné naissance à pas mal d’engagements que je pouvais porter à titre personnel puisque c’est Isabelle Grosmaitre, la fondatrice de Goodness and co, qui à l’époque sortait juste de son parcours de chez Danone pour monter sa structure et que j’ai rencontrée au sein de l’International Women’s Forum. C’est notre engagement commun pour la cause féminine qui nous a permis de trouver notre voie. Ce qui a été assez fort, c’est que ce projet a permis, alors qu’on était tous confinés ou qu’on jouait à huis clos, de travailler sur le collectif, sur nos valeurs et sur les enjeux de société pour lesquels on avait vraiment envie de s’impliquer. Peut être que s’il n’y avait pas eu le COVID, on n’aurait pas eu autant de temps à consacrer à cette introspection. »

« Savourer un petit peu le travail et le chemin qui ont été accomplis. »
  • On connaît les objectifs ambitieux du club au niveau sportif, quels sont les objectifs sur la partie sociétal ?

« L’objectif est inscrit dans notre raison d’être et c’est cette cette signature qui est la nôtre : « permettre à chaque petite fille, chaque femme, de réaliser ses rêves et de devenir la capitaine de sa vie ». Donc notre objectif sociétal se recoupe avec nos objectifs sportifs, c’est à dire que si on a une équipe avec des joueuses qui sont capitaines de leur vie, on sera performants. On a toujours dit qu’on voulait certes soulever des trophées, mais avec la manière et en laissant derrière nous des messages qui soient forts. Ensuite nos objectifs statutaires sont d’agir pour l’empowerment des femmes, d’être créateur de lien social, d’engager notre écosystème et de faire grandir par le sport. Ce sont des objectifs qu’on a réussi à faire émerger après un long travail. Et pour pouvoir engager toutes nos parties prenantes, il y a l’idée derrière de nouer des partenariats nouveaux, d’être nous-mêmes novateurs et d’offrir une attractivité, une visibilité autre à nos partenaires, qu’ils soient institutionnels ou privés et aussi pour le plus grand public. »

 

  • Cela fait un peu plus de 18 mois que vous disposez de ce statut, es-tu satisfaite du travail accompli ?

« La satisfaction n’est pas vraiment notre marque de fabrique ! Peut-être parce qu’on rêve grand à l’image de notre président Tony Parker. Donc on on a plutôt toujours tendance, peut-être la tendance malheureuse, à regarder le sommet.  Mais comme j’ai dit là, l’audit a été l’occasion de savourer un petit peu le travail et le chemin qui ont été accomplis. Il y a quand même un sentiment de fierté aussi, mais surtout l’ambition de se dire il faut qu’on aille encore plus loin et qu’on aille au bout de notre démarche. On verra enfin quand il sera temps de vraiment s’arrêter, d’être satisfait, mais il y a encore beaucoup à faire. »

 

 

  • LDLC ASVEL Féminin a récemment remporté son premier appel d’offre sur la commune de Givors-Grigny, c’est une étape supplémentaire ?

« Oui, le partenariat qu’on avait noué avec la Région pour agir auprès des ligues sportives était une première manière de matérialiser les liens et le nouveau partenariat que l’on peut créer avec des collectivités. On a pu, notamment grâce à la Métropole de Lyon, activer une autre facette de notre entreprise à mission en candidatant à un appel d’offres pour accompagner des femmes qui sont bénéficiaires du du RSA vers le retour à l’emploi, vers la construction d’un projet de travail et d’un projet de vie aussi. Et donc effectivement, on a remporté cet appel d’offre avec une grande joie. Cela va nous faire sortir encore plus de notre zone de confort, mais on est vraiment dans ce qu’il y a de plus important et de plus profond dans notre entreprise à mission : être créateur de lien social au sens premier du terme et être utile à la société de manière très concrète. On espère que cette initiative portée par la Métropole et par l’État sera une première dans ce que l’on pourra continuer à faire et perpétuer en partenariat avec nos institutions et collectivités. »

 

  • Le Festival des Lumineuses est important dans ce volet sociétal, qu’en est-il de de l’édition 2024 qui se profile ?

« C’est vrai que je n’ai pas cité Les Lumineuses, mais c’est aussi la genèse de tout ça ou en tout cas les prémices de notre engagement dans l’équilibre homme-femme. Donc c’est toujours pour nous l’engagement caritatif au-delà même de ce que l’on peut faire avec le club. Cela demande énormément de temps, d’énergie, mais c’est un évènement fort humainement. Donc cette année, en 2024, après une grosse édition 2023, on va faire un format un peu plus condensé en se concentrant en cette année olympique sur une thématique autour du sport et de la santé. On aura toujours les Assises en partenariat avec IWF le 2 avril à l’Hôtel du Département qui va accueillir ces rencontres autour de de l’actionnariat au féminin. Le 3, on va organiser en partenariat avec la Métropole et d’autres sections féminines, une grande foire au sport pour pouvoir faire découvrir les différentes disciplines au féminin. Et le soir, en partenariat avec l’association les Elles du LOU, nous allons organiser des tables rondes autour de la thématique du sport et de la santé. L’évènement se terminera le lendemain avec notre  évènement « Impuls’Her ». L’idée reste de pouvoir renouveler les contacts entre les acteurs du monde du travail qui cherchent à recruter et des femmes qui ont besoin de trouver leur orientation et, on l’espère, une inspiration autre dans des métiers auxquels elles n’auraient pas pensé auparavant. »

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